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    San Franscisco scène de et par Kerouac.


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  • "La beat génération tenta de réveiller le corps et l'esprit: voyager sous tous les cieux, boire, se droguer, appeler Dieu ou le rejeter, abolir toutes les conventions, toutes les traditions, partir seul ou à plusieurs, rêver sa solitude, vivre son enthousiasme aussi bien que sa dépression, brûler sa vie jusqu'à se détruire..."








    La beat-génération, mouvement issu de jeunes américains fous de littérature et de jazz. Beat, ce tempo que produit une batterie de jazz. Tempo particulier qui donne une pulsion à la vie. Un rythme, une manière d'être. Par extension béatitude.
    Ces jeunes gens qui n'avait qu'un objectif, vivre en totalité, ont été pourtant à la source de la rupture de la jeunesse américaine avec tout le passé puritain, conformiste de leurs géniteurs. Pour Jack Kerouac, le terme " beat " signifie " être, d'une façon non dramatique, au pied de son propre mur ".




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     En 1957, Sur la route devenait le livre-symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte face à la cupidité du monde. Née à New York de l'amitié entre quatre hommes, Kerouac, Ginsberg, Cassady et Burroughs, la Beat Generation revendiquait des engagements politiques forts et refusait la course à l'argent mais revenons au tout début de l'histoire.....








    Le noyau originel de ce qui allait devenir, l'orchestration publicitaire aidant, la beat generation,




    naquit de la rencontre




    à New-York, en 1943-1944, d'un trio improbable, KEROUAC, GINSBERG et BURROUGHS




     


     
    William Burroughs (né en 1914) avait déjà trente ans; après des études d'anthropoilogie à Harvard, il vivait depetits mètiers et jouait au chat et à la souris avec la brigade des stupéfiants. Burroughs restera toujours proche de ses amis Beat, mais on peut penser que , sans la Beat geneartion, il aurait tout de même êcrit, avec un glacial humour d'arnaqueur pince-sans-rire, à mi-chemin entre W.C.Fields et Jonathan Swift, les textes où (depuis Junkie, 1953, et The Naker lunch, 1959) il débusque le spièges, linguistiques et autres, par où le système social nous traque. 







    Jack Kerouac, né en 1922 à Lowell, d'une famille franco-canadienne, avait joué au football américain, navigué dans la marine marchande; il rêvait d'être un nouveau Jack London, un second Thomas Wolfe.







    Quand à Allen Ginsberg né à Paterson en 1926, où son père, poête lui-même, était instituteur, il n'était encore qu'un tout jeune étudiant à l'université Columbia où ses frasqueq faisaient scandale. L trio fréquante le monde des paumés et des drogués de Times Square, se frotte à la petite pègre de "rues sans joie", découvre aussi l'envers nocturne de la grande ville, le Jazz de Harlem comme "l'aube blafarde des clochards à la dérive". John Clellon Holmes (né en 1930) a évoqué le climat de ces années dans Go (1952), le premier roman Beat. Depuis le XIXème siècle, le mot beat désignait le vagabond du rail voyageant clandestinement à bord des wagons de marchandises, dormant la nuit dans les "jungles" en contrebas des remblais. Passé dans le lexique des Jazzmen noirs (Man, I'm beat) auxquels les beats l'empruntèrent comme le reste de leur argot, il en vint à signifier une démarche, une manière de traverser la vie: être beat, c'éatait être en bout de course, à bout de souffle, exténué, foutu - l'impression "d'être réduit au tréfond de la conscience, d'être acculé au mur de soi-même" (Holmes) et de survivre, furtivement, dans les marges clandestines du monde urbain. Cette sensibilité de marginal, déjà esquissée par les films noirs où jouait Bogart, voire dès 1931 par Peter Lorre et sa manière, souvent imitée, de frôler les murs dans M le maudit de Fritz Lang. Kerouac y vit le style propre à toute un génération; il inventa le label: il y avait eu la "génération perdue", celle-ci était la génération "foutue" qui , parvenue au bout de la route, continuait "furtivement" à marcher. Norman Mailer (né en 1926 et compagnon de route des beats) devait en 1957 faire une analyse de ce "style" dans son essai The white Negro.



     

    L'appel du continent

    L'automne de 1946 débarque à New York, en provenance du Colorado, le légendaire Neal Cassady, le gosse de la route né en 1926 à Salt Lake City de parents migrants d'Oklahoma, Il sort de prison, est affamé d'expériences "sur le vif" et "sans entraves". L'énergie sauvage de ce voyou survolté, de cet ange en salopette, fascine Kerouac et Ginsberg: "c'était l'Ouest, le vent de l'Ouest, une Ode venue de plaines, soufflant dans leur vie jusqu'ici confinée. Cassady fonce, se défonce et à sa suite, Kerouac et Ginsberg commencent leurs équipées sauvages à travers le cotinent: les "cloches" de New York deviennent les "clochedingues" qui se font la belle, cap à l'Ouest, et sillonnent le pays, Cassady continuera d'ailleurs jusqu'à la fin de cette course effrénée: on le retrouvera au volant du bus bariolé des Merry Pranksters (voir article sur les Merry P) de Ken Kesey lors de leur voyage transcontinental de l'été 1963; en février 1968; il est trouvé inconscient près d'une voie ferré au Mexique.








    À Ginsberg, il aura enseigné, tabous levés, la découverte de son propre corps; à Kerouac, le sens du paysage américain comme un grand livre ouvert. Il y a dans Sur la route  du «lyrisme mignard» (Ginsberg), mais aussi un certain charme élégiaque, une mélancolie, comme un mal du siècle né du vertige des grands espaces. «Quel est ce sentiment qui vous étreint quand vous quittez des gens en bagnole et que vous les voyez se rapetisser dans la plaine jusqu'à finalement disparaître? C'est le monde trop vaste qui nous écrase et c'est l'adieu. Pourtant, nous allons tête baissée au-devant d'une nouvelle et folle aventure sous le ciel.» La beat generation participe ici d'un mouvement général de retrouvailles avec, ou de repli sur, l'Amérique qui tranche sur l'époque des expatriés et est caractéristique des années 1948-1952.Neal Cassady, ce cow-boy de la frontière, remplaçant, dans un espace recroquevillé, la lente transhumance par la nervosité des raids à fond de train, fut pour Kerouac un lien romanesque avec l'Amérique des migrants d'autrefois. La beat generation renoua ainsi avec la tradition du hobo  de Josiah Flynt (1901), de Jack London (The Road , 1907) ou de Vachel Lindsay, et se joua un remake  de la migration des pauvres Blancs des Raisins de la colère , sans le mordant politique. Chaque beat donna sa propre variation du vagabond. Le monde de Kerouac est celui d'un lecteur de Spengler attendant, dans le crépuscule de l'Occident, le salut d'un renouveau de la religiosité chez les oubliés de la terre, les «fellahs», ce qui n'est pas sans harmoniques avec le climat politique des années McCarthy. Puis l'influence de Gary Snyder viendra infléchir le vagabond vers le «clodo du dharma», le moine bouddhiste itinérant, le vagabond sous son ombrelle trouée: beat renverra alors à la béatitude, à la disponibilité qui ouvre à une nouvelle perception du monde.








    Une prosodie bop





    «Je veux qu'on me considère comme un poète de jazz qui joue des blues à une jam-session le dimanche après-midi. Je prends 242 chorus, mes idées varient, glissent parfois d'un chorus à l'autre, débordent l'un sur l'autre» (Kerouac, Mexico Blues , 1959). Pour Ginsberg, Kerouac a essayé de «jazzer» la langue américaine. Il avait un côté clochard de la Bowery improvisant sous le portail d'un immeuble. Dans les années quarante, il avait entendu, au Milton Playhouse de Harlem, Monk, Parker et Gillespie. Plus tard, il enregistra des haïkaï, accompagné par Zoot Sims et Al Cohn: «La semelle de mes godasses est trempée, j'ai marché sous la pluie










    Dans une Amérique de l'après-guerre, où l'influence du New Criticism  avait sclérosé l'inspiration poétique et l'avait cantonnée dans une sorte de préciosité frileuse, le grand apport beat fut de refaire de la poésie un art vocal. Il s'agissait désormais moins de lécher d'elliptiques distiques ironiques que de retrouver le beat, le tempo profond d'un solo de saxo montant crescendo jusqu'à la béatitude de son dénouement, sans se soucier des entraves de la grammaire ni des formes. D'où l'expérimentation de toute une série de techniques d'écriture spontanée, impromptue, sans révisions ni ratures, et le sens du texte rapide et qui s'efface qui restera la marque de tous ceux qui de près ou de loin (par exemple Richard Brautigan, né en 1935) ont subi l'influence beat.Cette prosodie bop aura surtout fait renouer l'écriture poétique avec le corps, et le souffle, comme le démontra magistralement Allen Ginsberg le soir d'octobre 1955 à San Francisco où il déclama son «hurlement» (Howl ), rythmant de son corps les versets de sa longue litanie suraiguë tandis que le public scandait comme dans une jam-session les laisses rythmées par le retour lancinant de la note profonde d'un Who  (qui) où le poète reprenait respiration pour relancer le chant comme une ritournelle de saxo «qui fit trembler les villes jusqu'à leur dernière radio». L'influence d'Artaud et de Rimbaud, le souvenir des illuminations de William Blake, la drogue, tout contribua au «long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens» qui, libérant la parole prophétique de ce nabi fou d'Amérique, lui faisait retrouver, ce dont il était parfaitement conscient, les sources vives de la tradition américaine, le souffle de Whitman, de Lindsay, de Sandburg. Cet aspect de la révolution beat, qui trouvait des échos dans l'Action Painting  des années 1947-1950 ou la théorie du «vers projectif» de Charles Olson (1950), fut important entre tous, contribuant aussi à sortir de l'ombre des poètes comme William Carlos Williams ou Louis Zukofsky, dont on n'avait pas jusqu'alors perçu l'importance.








    La mouvance beat

    La soirée d'octobre 1955 à San Francisco où Ginsberg lut Howl , la publication en octobre 1956 de ce texte par City Lights et le procès pour obscénité qui s'ensuivit firent éclater le mouvement beat dans le grand public américain. En septembre 1957, On the Road , écrit entre 1949 et 1952, trouva enfin un éditeur. En novembre 1959, la «rébellion» beat eut les honneurs de Life , le magazine illustré des familles. Un journaliste forgea le terme beatnik qui servit rapidement à désigner, comme on l'aurait appelée «zazoue» ou «existentialiste», la bohème des quartiers de Venice West, à Los Angeles, de Greenwich Village, à New York, ou de North Beach, à San Francisco. Du jour au lendemain, l'Amérique fut pleine de beatniks, c'est-à-dire, dans l'image que s'en faisait la grande presse, d'adolescents déguisés en clochards crasseux, cheveux longs et nu-pieds, trouvant des extases mystiques au fond de piaules grouillantes de cancrelats. Ce phénomène social des «rebelles sans cause» n'était pas toujours sans rapport avec le mouvement beat (par exemple, dans son culte de héros à la vie brève et violente comme Dylan Thomas, Charlie Parker, James Dean), mais il en travestissait gravement l'impulsion profonde, de sorte que tous les écrivains qui se sont trouvés un jour ou l'autre placés dans l'orbite de la beat generation se sont acharnés à se démarquer de ce label finalement «insultant» (Ginsberg): chacun a en effet sa personnalité propre et son propre cheminement que le terme beat brouille plus qu'il ne l'éclaire. Citons-les cependant, en vrac pour ainsi dire; ils ont en commun de s'être connus, d'apparaître bras dessus, bras dessous sur les innombrables photographies que la beat generation n'a cessé de prendre d'elle-même; mais tous pourraient dire, comme Gregory Corso, «la beat generation, ça n'existe pas ».








    Lawrence Ferlinghetti, dont la librairie City Lights fut à San Francisco le quartier général beat, est né à Yonkers, New York, «en 1919 ou 1920»; après un doctorat à la Sorbonne (1951), il a inauguré sa série des Pocket Poets  en 1955; il a traduit en anglais Paroles  de Prévert et publié en 1960 un roman, Her , proche du Nadja  de Breton ou du Nightwood  de Djuna Barnes. Philip Whalen est né en 1923 à Portland, dans l'Oregon: guetteur d'incendie, poète zen. Bob Kaufman est né en 1925 à La Nouvelle-Orléans: à treize ans, il est mousse dans la marine marchande et fait, en quinze ans, neuf fois le tour du monde. Philip Lamantia: né en 1927 à San Francisco, il découvre le surréalisme en peinture; Breton dira de lui qu'il est le seul surréaliste américain.








    Gregory Corso: né en 1930 à New York, une enfance ballottée de famille adoptive en famille adoptive, puis la prison, puis la rencontre avec Ginsberg








    Gary Snyder: né en 1930 à San Francisco, il participa en 1955 à l'historique soirée avant de partir pour le Japon. Michael McClure, né en 1932 au Kansas, était le plus jeune poète de cette soirée: à son intérêt pour la «composition par champ» et la calligraphie s'ajouta plus tard l'obsession du face-à-face entre Billy le Kid («le Jacob Boehme de l'assassinat») et Jean Harlow, «le yin et le yang» (The Beard , 1965). Dès qu'on s'éloigne du «noyau originel» (et new-yorkais), la mouvance beat se fait vaste et plus floue.









    Un autre regard 










     Orchestré par le maestro Ginsberg, l'explosion beat fut un grand coup de cymbales: on découvrit San Francisco. Le retentissement, toutefois, n'aurait pas été si grand ni si durable s'il n'y avait pas déjà eu sur la côte ouest toute une activité culturelle que peuvent résumer rapidement les deux noms de Kenneth Rexroth et de Robert Duncan.



     



    Kenneth Rexroth (né en 1903) était arrivé en 1927 du Middle West à San Francisco: dans cette ville, dit-il, la seule qui, colonisée par des marins et des aventuriers, n'ait pas subi l'emprise des puritains de Nouvelle-Angleterre ni des féodaux du Sud, se perpétuait la vieille tradition anarcho-syndicaliste des Wobblies (I.W.W.) du début du siècle. Alors que l'Est, sous l'influence conjuguée des marxistes de Partisan Review  et des agrariens de Kenyon Review , se fermait, toujours selon Rexroth, dans un repli provincial, San Francisco, ville ouverte, avait gardé le contact avec le mouvement moderniste de l'entre-deux-guerres (Pound, Eliot, Williams, Moore).






    Robert Duncan (né en 1919) illustre par son trajet cette même continuité pour avoir travaillé avec Charles Olson et Robert Creeley au Black Mountain College, ce «Bauhaus de Caroline du Nord» (S. Fauchereau), dont l'influence à long terme fut immense sur la culture américaine. C'est par ce qu'elle capta de cette double tradition, radicale et moderniste, que la beat generation eut le plus d'impact. Nul n'illustre mieux ce retour aux sources oubliées que Ginsberg. Échappant à la beat generation, il a transformé son sens dadaïste du happening en une stratégie politique. Chantant des mantras devant les baïonnettes, opposant à la paranoïa du Pentagone le satori  de la «nouvelle conscience», il est devenu une institution américaine, un prophète fils de Whitman à qui il finit même par ressembler. Mais le gourou de la jeunesse internationale, que les étudiants de Prague sacrèrent en 1965 «roi de Mai», ouvre ici un nouveau chapitre, tout comme le fait Gary Snyder. Si Allen Ginsberg fut le Walt Whitman de la beat generation, Gary Snyder fut son Thoreau. Élevé dans la forêt au nord de Seattle, il recueille l'héritage wobbly que Bob Dylan (né en 1941) ira chercher auprès de Woody Guthrie. La double expérience des réserves indiennes d'Amérique et des monastères zen du Japon l'amène à percevoir, sous les États-Unis, la conquête puritaine et industrielle, le continent perdu des Indiens, «l'Amérique, île Tortue». Earth House Hold , publié en 1969, décrit cette nouvelle perception des rapports de l'homme et du continent. C'est encore la beat generation, et déjà autre chose où se retrouve le legs de l'ancêtre William Carlos Williams, médecin à Paterson où Ginsberg était allé le voir, et auteur de ce traité beat avant la lettre, In the American Grain  (1933), où il esquissait cette autre version de l'Amérique que la beat generation aura beaucoup fait pour mettre au jour.









    Lecture de Kerouac







    Des sites..Des infos 











     




     







     


    Whisky Beat & Poésie (site français)





     

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    Merry Pranksters est le nom d'un groupe psychédélique qui se constitue au début des années 60 en Californie autour de l'écrivain américain Ken Kesey. Les Pranksters peuvent être considérés comme des précurseurs du mouvement hippie.















    L'histoire





    En 1963, Kesey achète une maison en Californie, à La Honda précisément. C'est dans cette maison que, petit à petit, va se constituer un groupe autour de lui et, surtout, autour du LSD (toujours aussi méconnu à l'époque) : les Merry Pranksters (littéralement "les joyeux lurons"). La vie passe de trip en trip ; il s'agit de se laisser aller, d'y aller à fond, d'être "synchro", de coller à l'instant, le plus possible. La maison est remplie de matériel audio, enceintes, câbles, micro, table d'effet sonore ; même les bois alentour sont sonorisés. Rien ne peut se dire, aucun bruit ne peut faire vibrer l'air sans qu'un micro ne puisse le capter, pour le renvoyer à un autre endroit, avec du décalage ou des effets sonores : il est par exemple tout à fait possible de l'intérieur de la maison de répondre à ceux qui tripent dans les bois. La Day-Glo continue de couler à flot, même les arbres sont peints, les troncs, les feuilles. On ne s'étonnera pas que les gens du coin, et les flics, finissent par s'interroger sur ces comportements pour le moins étranges. Mais à cette époque, le LSD n'est pas encore interdit et c'est pour possession de marijuana que certains Pranksters, dont Kesey, seront inculpés, avant d'être relâchés sous caution.












    Au début de l'été 64, les Pranksters décident de faire une virée à travers les USA. Ils achètent un vieux bus scolaire qu'ils repeignent à la Day-Glo et dans lequel ils entassent du matériel audio et video de toute sorte. Ne manque plus que le jus d'orange au LSD et les voilà partis. Le voyage est long, mouvementé et filmé. L'idée est de faire un film, un film sous LSD, une révolution dans l'histoire du cinéma : pas de cadrage, pas de scénario, juste la vie des Pranksters prise sur le vif. Chacun doit y aller à fond, jouer son rôle, être ce qu'il est le plus possible. De ces bandes, ils tireront, après montage, 40 heures d'images. Ce projet sera un véritable gouffre financier, Kesey investira une bonne partie de ce que lui avait rapporté son succès "Vol au dessus d'un nid de coucous".





    De retour, les Merry Pranksters reprennent leur vie sur fond de LSD, de marijuana et d'amphétamines. Ils accueilleront, entre autre, les Hell's Angels, qui viendront passer quelques jours et, pour certains, feront leur premier trip au LSD. Commencent aussi les "Acid Test", ces soirées où les gens sont censé faire "l'expérience du LSD sans LSD", grâce à un dispositif sonore, des effets de lumière (notamment les premiers stroboscopes), des projections d'images dans tous les coins, etc. C'est principalement dans ces tests que naît l'imagerie, les symboles, les codes du mouvement psychédélique. Il va sans dire que, dans ces soirées, la plupart des gens sont, malgré le slogan, sous LSD - la drogue est d'ailleurs souvent fournie par les Prankster eux-mêmes. Notons au passage que dans nombre de ces soirées, on pouvait entendre entre autres le groupe Grateful Dead, dont les guitares électriques faisaient partie intégrante du show.










    Un certain 7 août 1965  Les Merry Pranksters reçoivent : les vieux amis de Perry Lane, un tas d'intellectuels de San Francisco et Berkeley, Richard Alpert, Allen Ginsberg. Au son "grinçant et grasseyant" de "Mister Tambourine Man" de Bob Dylan, ils attendent, derrière une pancarte de 4m50 sur 1m : "Les Merry Pransksters souhaitent la bienvenue aux Hell's Angels". Ken Kesey avait connu des Hell's par l'intermédiaire de Hunter Thompson, l'auteur de Les Hell's Angels, une étrange et terrible saga.
    Vers 15h on commence à entendre : l'arrivée en formation de course, bruit d'une loco, à quinze kilomètres de distance. Ils savaient pas à quoi s'attendre, les Angels, c'était leur première invitation et ils verraient bien. Les Pranksters leur firent tâter du LSD. Sandy Lehmann-Haupt leur dédia un blues parlé d'une cinquantaine de couplets. "Allen Ginsberg se retrouvait devant le micro avec des cymbales aux doigts, dans chaque main; il se trémoussait, la barbe jusqu'au ventre, en chantant des chants hindous dans le micro, qui les répercutait aux quatre coins de la Californie, USA : "Hare Krishna...". Merde qu'est-ce que c'est que ce singe de Krishna - qu'est-ce que c'est que ce dingue - mais on ne peut pas s'empêcher, malgré vous, faut qu'on s'en paye là, avec ce mec là. Ginsberg les avait vraiment retournés, les Angels. Il représentait pourtant un tas de choses qu'ils haïssaient, c'était un juif, un intellectuel, un new-yorkais, mais il était incroyable, le plus à la coule des caves jamais rencontrés..." A la tombée de la nuit, les flics sont en faction le long de la route. Ils contemplent le spectacle de Neal Cassady entièrement nu, sur le porche illuminé, une bière à la main, gueulant "Hé vous, bande de vipères, bande d'enculés ! Merde alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Venez par ici, voir un peu... Allez vous faire mettre, bande de pourris !... Faut pas me faire chier, bande de dégueulasses. Venez par ici. Merde, vous en aurez pour votre grade !". 
    La party dura deux jours. Suite à quoi les Angels déboulèrent d'autres fois chez les Pranksters. Ce qui amena quelquefois des moments assez lourds où on ne se sent pas forcément très à l'aise, mais que Kesey contrôlait. En tout cas il n'y a pas eu de morts. Il y eut même un personnage du nom de Freewheelin' Frank Reynolds qui passera progressivement des Hell's Angels aux Merry Pranksters et inspirera sans doute le personnage des Freak brothers de Shelton qui porte ce nom
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    Un certain 4 septembre 1965, les Beatles doivent se produire au Cow Palace dans la banlieue de San Francisco. Ce n'est pas loin de La Honda et les Merry Pranksters repeignent leur pancarte : "Les Merry Pranksters souhaitent la bienvenue aux Beatles" (après tout, ça avait bien marché avec les Hell's Angels : voir au 7 août). Revenant d'une semaine à Asillomar avec l'Eglise Unitarienne de Californie, les Pranksters s'entassent d'abord dans leur bus pour assister au concert avec chacun sa petite ration d'acide. En plein spectacle, complètement flippés et en mauvaises vibrations, ils repartent et trouvent, à leur arrivée à La Honda, trois ou quatre mille personnes alléchées par la pancarte et attendant. Et parmi eux Owsley, premier fabricant d'acides aux USA. ("Acide Owley" équivaut à dire "mis en bouteilles dans les caves"). Plus tard Owsley subventionnera un groupe musical, le Grateful dead. C'est de cela que naît ce qu'on appellera le "rock de l'acide" : de  l'enchevêtrement Grateful dead/Merry pranksters. Et au début de 1967, c'est ce rock qu'imiteront les Beatles dans Sergent Pepper's lonely hearts' club band, reprenant aussi l'idée du bus et du film.

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    Toute l'histoire des Panksters et de leur voyage psyché est racontée par Tom Wolfe dans son livre Acid Test (voir info dans rubrique livre).




    Deux sites sur les Pranksters (en anglais)



    http://www.pranksterweb.org/



    http://www.pooterland.com/index2/looking_glass/merry_pranksters/merry_pranksters.html


     



     


    Le site de Grateful Dead



    http://www.dead.net/index2.php



     


     


    En cadeau une très bonne radio web psychédilique (à écouter)



    http://www.techwebsound.com/


     




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