• La route psychédélique des Merry Pranksters

     









    Merry Pranksters est le nom d'un groupe psychédélique qui se constitue au début des années 60 en Californie autour de l'écrivain américain Ken Kesey. Les Pranksters peuvent être considérés comme des précurseurs du mouvement hippie.















    L'histoire





    En 1963, Kesey achète une maison en Californie, à La Honda précisément. C'est dans cette maison que, petit à petit, va se constituer un groupe autour de lui et, surtout, autour du LSD (toujours aussi méconnu à l'époque) : les Merry Pranksters (littéralement "les joyeux lurons"). La vie passe de trip en trip ; il s'agit de se laisser aller, d'y aller à fond, d'être "synchro", de coller à l'instant, le plus possible. La maison est remplie de matériel audio, enceintes, câbles, micro, table d'effet sonore ; même les bois alentour sont sonorisés. Rien ne peut se dire, aucun bruit ne peut faire vibrer l'air sans qu'un micro ne puisse le capter, pour le renvoyer à un autre endroit, avec du décalage ou des effets sonores : il est par exemple tout à fait possible de l'intérieur de la maison de répondre à ceux qui tripent dans les bois. La Day-Glo continue de couler à flot, même les arbres sont peints, les troncs, les feuilles. On ne s'étonnera pas que les gens du coin, et les flics, finissent par s'interroger sur ces comportements pour le moins étranges. Mais à cette époque, le LSD n'est pas encore interdit et c'est pour possession de marijuana que certains Pranksters, dont Kesey, seront inculpés, avant d'être relâchés sous caution.












    Au début de l'été 64, les Pranksters décident de faire une virée à travers les USA. Ils achètent un vieux bus scolaire qu'ils repeignent à la Day-Glo et dans lequel ils entassent du matériel audio et video de toute sorte. Ne manque plus que le jus d'orange au LSD et les voilà partis. Le voyage est long, mouvementé et filmé. L'idée est de faire un film, un film sous LSD, une révolution dans l'histoire du cinéma : pas de cadrage, pas de scénario, juste la vie des Pranksters prise sur le vif. Chacun doit y aller à fond, jouer son rôle, être ce qu'il est le plus possible. De ces bandes, ils tireront, après montage, 40 heures d'images. Ce projet sera un véritable gouffre financier, Kesey investira une bonne partie de ce que lui avait rapporté son succès "Vol au dessus d'un nid de coucous".





    De retour, les Merry Pranksters reprennent leur vie sur fond de LSD, de marijuana et d'amphétamines. Ils accueilleront, entre autre, les Hell's Angels, qui viendront passer quelques jours et, pour certains, feront leur premier trip au LSD. Commencent aussi les "Acid Test", ces soirées où les gens sont censé faire "l'expérience du LSD sans LSD", grâce à un dispositif sonore, des effets de lumière (notamment les premiers stroboscopes), des projections d'images dans tous les coins, etc. C'est principalement dans ces tests que naît l'imagerie, les symboles, les codes du mouvement psychédélique. Il va sans dire que, dans ces soirées, la plupart des gens sont, malgré le slogan, sous LSD - la drogue est d'ailleurs souvent fournie par les Prankster eux-mêmes. Notons au passage que dans nombre de ces soirées, on pouvait entendre entre autres le groupe Grateful Dead, dont les guitares électriques faisaient partie intégrante du show.










    Un certain 7 août 1965  Les Merry Pranksters reçoivent : les vieux amis de Perry Lane, un tas d'intellectuels de San Francisco et Berkeley, Richard Alpert, Allen Ginsberg. Au son "grinçant et grasseyant" de "Mister Tambourine Man" de Bob Dylan, ils attendent, derrière une pancarte de 4m50 sur 1m : "Les Merry Pransksters souhaitent la bienvenue aux Hell's Angels". Ken Kesey avait connu des Hell's par l'intermédiaire de Hunter Thompson, l'auteur de Les Hell's Angels, une étrange et terrible saga.
    Vers 15h on commence à entendre : l'arrivée en formation de course, bruit d'une loco, à quinze kilomètres de distance. Ils savaient pas à quoi s'attendre, les Angels, c'était leur première invitation et ils verraient bien. Les Pranksters leur firent tâter du LSD. Sandy Lehmann-Haupt leur dédia un blues parlé d'une cinquantaine de couplets. "Allen Ginsberg se retrouvait devant le micro avec des cymbales aux doigts, dans chaque main; il se trémoussait, la barbe jusqu'au ventre, en chantant des chants hindous dans le micro, qui les répercutait aux quatre coins de la Californie, USA : "Hare Krishna...". Merde qu'est-ce que c'est que ce singe de Krishna - qu'est-ce que c'est que ce dingue - mais on ne peut pas s'empêcher, malgré vous, faut qu'on s'en paye là, avec ce mec là. Ginsberg les avait vraiment retournés, les Angels. Il représentait pourtant un tas de choses qu'ils haïssaient, c'était un juif, un intellectuel, un new-yorkais, mais il était incroyable, le plus à la coule des caves jamais rencontrés..." A la tombée de la nuit, les flics sont en faction le long de la route. Ils contemplent le spectacle de Neal Cassady entièrement nu, sur le porche illuminé, une bière à la main, gueulant "Hé vous, bande de vipères, bande d'enculés ! Merde alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Venez par ici, voir un peu... Allez vous faire mettre, bande de pourris !... Faut pas me faire chier, bande de dégueulasses. Venez par ici. Merde, vous en aurez pour votre grade !". 
    La party dura deux jours. Suite à quoi les Angels déboulèrent d'autres fois chez les Pranksters. Ce qui amena quelquefois des moments assez lourds où on ne se sent pas forcément très à l'aise, mais que Kesey contrôlait. En tout cas il n'y a pas eu de morts. Il y eut même un personnage du nom de Freewheelin' Frank Reynolds qui passera progressivement des Hell's Angels aux Merry Pranksters et inspirera sans doute le personnage des Freak brothers de Shelton qui porte ce nom
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    Un certain 4 septembre 1965, les Beatles doivent se produire au Cow Palace dans la banlieue de San Francisco. Ce n'est pas loin de La Honda et les Merry Pranksters repeignent leur pancarte : "Les Merry Pranksters souhaitent la bienvenue aux Beatles" (après tout, ça avait bien marché avec les Hell's Angels : voir au 7 août). Revenant d'une semaine à Asillomar avec l'Eglise Unitarienne de Californie, les Pranksters s'entassent d'abord dans leur bus pour assister au concert avec chacun sa petite ration d'acide. En plein spectacle, complètement flippés et en mauvaises vibrations, ils repartent et trouvent, à leur arrivée à La Honda, trois ou quatre mille personnes alléchées par la pancarte et attendant. Et parmi eux Owsley, premier fabricant d'acides aux USA. ("Acide Owley" équivaut à dire "mis en bouteilles dans les caves"). Plus tard Owsley subventionnera un groupe musical, le Grateful dead. C'est de cela que naît ce qu'on appellera le "rock de l'acide" : de  l'enchevêtrement Grateful dead/Merry pranksters. Et au début de 1967, c'est ce rock qu'imiteront les Beatles dans Sergent Pepper's lonely hearts' club band, reprenant aussi l'idée du bus et du film.

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    Toute l'histoire des Panksters et de leur voyage psyché est racontée par Tom Wolfe dans son livre Acid Test (voir info dans rubrique livre).




    Deux sites sur les Pranksters (en anglais)



    http://www.pranksterweb.org/



    http://www.pooterland.com/index2/looking_glass/merry_pranksters/merry_pranksters.html


     



     


    Le site de Grateful Dead



    http://www.dead.net/index2.php



     


     


    En cadeau une très bonne radio web psychédilique (à écouter)



    http://www.techwebsound.com/


     




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