• Allez comeback sur ce blog un peu abandonné comme une vieille chaussure, je m'en excuse, j'y reviens et y reviendrai plus souvent pour l'actualiser un peu plus et ca commence maintenant avec Seasick Steve.

    Le blues. Musique du pauvre. Tellement classe... On dit qu'un des pères des Bluesmen est Robert Johnson. Un type qui n'a eu que peu de temps pour enregistrer toute sa musique. On n'est pas sûr des conditions de sa mort mais certains pensent que les blancs l'ont assassiné, à 27 ans, en 1938. C'était une époque où les noirs mourraient souvent sous la main des blancs, c'était une époque où naissait le blues, ballades d'esclaves parfois tristes, parfois drôles, tellement pleines d'une liberté qui manquait partout ailleurs.

    Aujourd'hui le Blues s'écoute aussi dans les salons chauds des belles maisons. Aujourd'hui des blancs jouent le Blues, et on se demande parfois si les origines du Blues, cet immense besoin de liberté d'où il est né ne se serait pas perdu en route, maintenant qu'il se vend sous forme de disques et de tickets de concert.

    Regardez le Blues de Seasick Steve, ce vieil homme blanc en marcel, écoutez son histoire sortir de sa longue barbe blanche. Débarqué des Etats-Unis dans les années 70 avec 10$ en poche, les nuits sous les ponts, les fourgonnettes de la police, les femmes, l'alcool & toujours sa guitare & le Blues qui lui sauvent la vie. Regardez cet ancien clochard qui garde la même attitude qu'il soit dans une chambre de l'hôtel Concorde à Paris, dans la rue ou sur une scène devant plus de 65000 personnes. Je l'imagine devant ses producteurs (la Warner) ou devant ce type qui lui a vendu il y a bien longtemps la pire guitare du monde et je le vois aussi simplement envoûtant que quand je l'ai vu se marrer pendant quinze bonnes minutes avec le public déchaîné du festival ATP parce qu'il a cassé une corde et qu'il sait pas trop comment la changer.

    On pourrait raconter ici "l'histoire merveilleuse de Seasick Steve, pauvre homme devenu riche et célèbre grâce à sa musique" mais Seasick n'a pas besoin de ça. Le premier disque que la Warner a sorti de lui, il l'a enregistré dans sa cuisine, avec un vieux quatre pistes. Il n'y a pas d'histoire merveilleuse, il y a mieux : la ballade de ce bluesmen blanc dans le monde et dans la vie. Il est passé par le métro parisien, par Glastonbury. Qui sait ce qu'il croisera au prochain virage ? En tout cas il garde le rythme et c'est un rythme sur lequel on pourrait marcher des heures durant avec lui.

    !!! Deux vidéos qui fait du bien !!!

     

    Le site du bonhomme http://www.seasicksteve.com/ 

    Le reste à écouter d'urgence sur deezer ici http://www.deezer.com/#music/album/243794

    ou sur son myspace ici www.myspace.com/seasicksteve 

    ou chez votre disquaire.

    Source de l'article blogotheque.net


    votre commentaire
  • JOE HILL
    TROUBADOUR DE LA REVOLTE


    1879/1915







    La vie de Joe Hill, l'un des tout premiers chanteurs syndicalistes américains, se confond avec la période la plus active d'un syndicat révolutionnaire demeuré légendaire : les "Industrial Workers of the World" (ouvriers de l'industrie du monde", familièrement nommés "Wobblies". Joe Hill fut en effet le principale chantre des "Wobblies". Il a été exécuté pour meurtre après un procès controversé.


    De son vrai nom Joel Emmanuel Hagglund, Joe Hill était né à Gavle, ville portuaire sur la cote Est Suédoise. On sait bien peu de chose sur sa jeunesse et son enfance, si ce n'est qu'il dut quitter l'école et gagner sa vie dès l'âge ded dix ans, lorsqu'il perdit son père ayant été écrasé par un train de la compagnie pour laquelle il travaillait. En 1901, tenté par l'expèrience américaine où "chacun avait sa chance", il émigra et débarqua à New York, où il travailla comme docker et comme musicien. Le soir, il jouait du piano dans un café du Bowery, le quartier pauvre de sud-est de Manatthan. Plus tard comme des milliers d'autres émigrants venus de tous les pays européens, il prit la route de l'ouest, toujours à la recherche d'un emploi, travaillant aussi bien dans les champs de blé quan dans les mines de cuivres. On le vit ensuite docker sur la cote californienne, et parfois marin sur la ligne d'Honolulu. Il passait tous ses loisir à écrire des chansons engagées et des poèmes satiriques.





    C'est en 1910 à San Pedro que Joel Hagglund, ayant pris entre-temps le pseudo de Joseph Hillstrom puis, définitivement, de Joe Hill, devint membre actif des "Industrial Workers of the World" IWW. Ce syndicat avait été fondé à chicago en 1905. Par contratse avec la grande centrale A.F.L, qui se bornait à défendre les ouvriers qualifiés et spécialisés, le mot d'ordre des Wobblies du IWW était l'organisation de tous les travailleurs, spécialisés ou simple manoeuvres, pauvres ou riches, nomades ou sédentaires, agricoles ou industriels, au sein d'un même syndicat.




    La personnalité de Joe Hill et celle de ce syndicat étaient faites pour s'entendre, et les dons musicaux de l'émigré suédois trouvèrent dans l'action politique et sociale des IWW un terrain naturel d'utilistaion. Il écrivit et ensaigna à ses camarades des dizaines de chansons qui servirent à accompagner et à stimuler la lutte des Wobblies avec une vivacité et une efficacité que nous pouvons difficilement nous imaginer aujourd'hui. Bientot les wobblies eurent leur recueil de chansons sous forme d'un "petit livre rouge" intitulé "Songs to fan the flames of discontent" (Chansons pour attiser les flammes du mécontentement). Ce livre, qui fit l'objet de plusieurs éditions constamment refondues et augmentées, connut un grand succès auprès des travailleurs, des chômeurs et des grévistes. La pluplart des chansons qui le composaient provenaient de la plume de Joe Hill. Elles étaitent chantées à la chaines, dans les champs, sur les bâteaux, les piquets de grève et même dans les prisons où les grévistes devaient fréquemment purger des peines.








    Ce serait probablement une erreur que de se représenter Joe Hill comme une sorte de génie qur un piédestal. Il était simplement membre d'un mouvement fondé sur l'organistion coordonnée de la classe ouvrière. C'est par elle que Joe écrivait et existait. Cependant les chansons ouvrières antérieures ne s'attachaient en général qu'à des situations géographiquement et temporellement limitées, avec des objectifs purement locaux et à court terme. Au contraire, la nouveauté et le mérite de Joe Hill et des artistes wobblies fut de dépasser ces limites et de prôner une organistaion de la classe ouvrière )à long terme et à l'échelle du pays tout entier - et même, comme le suggère le mot world, en abattant les frontières. A cet égard, des chansons comme "Casey Jones, the union-scab", "Everybody's joining it" ou "The white slave" sont révélatrices. La première raconte l'histoire d'un ouvrier mouchard et briseur de grèves : après sa mort, il est dirigé sur le paradis. Là Casey est immédiatement repéré par le syndicat des anges qui l'envoient moucharder en enfer.



    "Everybody's joining it" est une chanson "utilitaire", destinée à recruter des nouveau membres pour le syndicat. Elle ouvre la voie à une nouvelle famille de chansons dont l'idée sera reprise plus tard, notamment par Woody Guthrie (Union maid) et les Almanac Singers (Union train). Quant à "The white slave", elle conte la vie d'une pauvre fille qui, pour pouvoir survivre, doit se livrer à la prositution. Là où une ancienne chanson se serait bornée à s'apitoyer sur le sort individuel decette fille, Joe Hill, lui, en tire les conclusions sociales et, dans e dernier couplet, dénonce les exploiteurs responsables de cette situation :


     


    Des filles chaque jour tombent de la sorte


    Et sont tombées depuis des lustres


    Qui est à blamer ? Vous savez son nom


    C'est le patron qui paye un salaire de misère


    Une fille sans logis peut toujours entendre


    Les tentations qui l'appellent de partout.


     


    Les chansons de Joe Hill furent incontestablement efficaces, et eurent la chance de tomber au moment où l'organistaion syndicale à grande échelle et l'imprimerie, avant le disque, donnaient aux chansons une influence très élargie et une diffusion considérablement plus rapide qu'auparavant.

      



    Joe Hill

     

     

    Vers la fin de sa vie Joe Hill travailla dans les mines de cuivres de l'Utah, où il poursuivit son activité militante. Son nom était déjà inscrit sur les listes noires des autorités locales, qui cherchaient une occasion propice pour l'arrêter, le condamner et le mettre hors d'état de "nuire". Elles en trouvèrent une le 10 jnavier 1914, le jour où un commercant de Salt Lake City, Merlin Morrison, fut attaqué dans sa boutique par deux inconnus qui le tuèrent, ainsi que son fils, à coups de revolver. Avant de s'écrouler, Morrison eut le temps d'attraper une arme à feu derrière son comptoir et de blesser l'un des deux voleurs. Tous deux s'enfuirent, rien n'ayant été volé, la police crut d'abord à une vengeance personnelle, peut-être due au fait que le père Morrison avait été un officier de police dans le passé. Quelques jours plus tard, on arrêta Joe Hill qui, comble de malchance pour lui, avait recu une balle.Il expliqua qu'un homme l'avaitpris a partie et l'avait blessé alors qu'il faisait la cour à une femme, dont il refusait de dévoiler l'identité, afin de ne pas la compromettre. Bien attendu, la police refusa de croire à cet alibi, grace à quoi elle tenait pour Joe Hill un chef d'accusation banal et "acceptable", évitant ainsi que son procès prît une tournure polique : procédé classique, qui fut maintes fois réutilisé par la suite....

     

    Même le président Wilson, inquiet à juste titre des remous que l'exécution de Joe Hill ne manquerait pas de provoquer au sein de la classe ouvrière, télégraphia au gouverneur Spry pour lui demander d'épargner l'accusé. Des milliers de lettres, télégrammes et pétitions s'empilèrent sur le bureau de Spry; rien n'y fit : le gouverneur télégraphia en retour au Président, déclarant qu'il ne pouvait "s'opposer aux décisions de la cour".

    La Suède demandèrent la clémence, tandis que dans le monde entier les syndicats défendaient Joe Hill. Le procès était accusé d'avoir été injuste. Des années plus tard, l'Etat de l'Utah déclara que, sous les lois actuelles, Joe Hill n'aurait jamais été exécuté avec des preuves si légères.

     


     

    Joe Hill passa au peloton d'exécution le 19 novembre 1915.

    Le dernier mot de Joe Hill fut "Fire!" (Feu!).

     

    Juste avant de mourir, il avait écrit à Bill Haywood, un responsable de l'IWW: "Ne perdez pas de temps dans le deuil. Organisez-vous!."

    Son testament, mis en musique par Ethel Raim, déclarait:



    Mon testament est facile à décider,


    Car il n'y a rien à diviser,


    Ma famille n'a pas besoin de se plaindre et d'ergoter


    "Pierre qui roule n'amasse pas mousse"


    Mon corps? Ah, si je pouvais choisir,


    Je le laisserai se réduire en cendres,


    Et les brises joyeuses souffler


    Ma poussière là où quelques fleurs pousseront.


    Ainsi peut-être qu'une fleur fanée


    Reviendrait à la vie et fleurirait une nouvelle fois.


    Ceci est ma dernière et ultime volonté,


    Bonne chance à tous, Joe Hill


     



    Le corps de Hill fut incinéré à Chicago, et ses cendres envoyé dans chacune des sections locales de l'IWW. On découvrit en 1988 qu'une des enveloppes, avec une photo où la légende indiquait "Joe Hill assassiné par la classe capitaliste, 19 novembre 1915", avait été saisie par l'U.S. Postal Service en 1917 en raison de son "potentiel subversif". Cette lettre est désormais aux Archives nationales états-uniennes. Après quelques négociations, les dernières cendres de Hill contenues dans cette enveloppe saisie ont été rendues à l'IWW.





    Funérail de Joe Hill



    Dans les années 20, les IWW se perdirent en querelles intestins et en luttes contre le Parti communiste américain naissant. En 1949, on ne comptait plus que 1500 wobblies. Néanmoins, Joe Hill reste encore de nos jours un exemple très admiré dans les milieux syndicalistes américains, ainsi que chez les chanteurs contestataires (Joe Hill est aujourd'hui considéré comme l'inventeur des premières protest songs). Woody Guthrie écrivit une bien belle ballade sur sa condamnation, Phil Ochs en écrivit une autre (avec la mélodie de Tom Joad autre ballade de Guthrie), Alfred Hayes, Earl Robinson, Paul Robeson, Pete Seeger, The Dubliners, ou encore Joan Baez qui chanta "Joe Hill" en 1969 à Woodstock (en écoute plus haut). Bob Dylan a dit que l'histoire de Hill était l'un des motifs l'ayant poussé à écrire des chansons. Le socialiste suédois Ture Nerman (1886-1969) a écrit une biographie de Joe Hill, interviewant des membres de sa famille en Suède et traduisant la plupart de ses chansons en suédois. Wallace Stegner a publié une biographie romancée en 1969, et Bo Widerberg dépeint Hill dans son film éponyme de 1971




    Quelques sites IWW




    Industrial Workers of the World (histoire)






    Industrial Workers of the World (aujourd'hui)






    Sites Joe Hill




    A VOIR ABSOLUMENT INDISPENSABLE ET RARE en francais http://poiesique.lautre.net/






    Chanson pour Joe Hill par fred Alpi en écoute ici http://www.fredalpi.com/musique/index.php






     




     On peut fusiller un chanteur
    Personne ne peut tuer des chansons
    Il n'existe aucun projectile
    Capable d'arrêter Joe Hill




    fred Alpi




     


    votre commentaire
  •  


    San Franscisco scène de et par Kerouac.


    votre commentaire
  • John Fante (8 avril 1909 - 8 mai 1983), romancier, essayiste, scénariste américain.


    Fils d'émigré italien, John Fante naît au Colorado, États-Unis, en 1909, au sein d'une famille croyante et conservatrice. Son enfance de gamin des rues turbulent se fera au sein d'une école jésuite, où Fante découvrira douloureusement le besoin de liberté, la sexualité, et l'écriture.


    Il commence à écrire très tôt et, si on en croit ses romans autobiographiques, se montre comme un enfant particulièrement sensible, enflammé, charismatique et avide de la beauté du monde.


    Ses premières nouvelles attireront l'attention du célèbre H. L. Mencken, rédacteur en chef de la prestigieuse revue littéraire The American Mercury, qui publiera régulièrement la prose du jeune Fante (sa première nouvelle est publiée alors qu'il a 26 ans, mais il se fait passer pour plus jeune, par orgueil et goût de la mise en scène de son propre talent) et gardera même une correspondance de 20 ans avec le jeune écrivain (voir Correspondance Fante/Mencken, 10/18).


    Son premier roman Bandini, parait en 1938. Largement autobiographique, on y suit les pérégrinations du jeune Arturo Bandini, fils d'immigrés Italiens, habile rhéteur, manipulateur, joueur et jouisseur, chercher une place au soleil à partir de son Colorado natal. L'œuvre est habile, élégante, montre un Bandini/Fante sûr de lui et de sa folie, bien en adéquation avec la personnalité de Fante : menteur, joueur, il n'a pas hésité ici, et comme il ne cessera de le faire, de travestir la réalité, pour lui donner plus de substance, plus de goût, plus de puissance. Et l'effort marche à merveille : Bandini est un héros inimitable, border-line, toujours à chercher l'extrême et la nausée dans ses envies : l'art, la philosophie, les femmes. Bandini constitue le premier quart d'un cycle autobiographique constitué de La route de Los Angeles, Demande à la Poussière, et beaucoup plus tardivement de Rêves de Bunker Hill.


    À l'époque de Demande à la poussière (1939), Fante est encore un gamin torturé et impulsif, qui s'est installé dans un petit hôtel tenu comme une pension de famille par une dame patronnesse. Fante vit alors seul, envoie de l'argent à sa mère dès que tombe un cachet de l'American Mercury, prophétise le monde, est sans cesse tendu entre deux abîmes : les femmes et la littérature.


    Fante épouse en 1937 une jeune et belle éditrice, Joyce, puis publie Plein de Vie dont le succès lui ouvrira les portes d'une carrière de scénariste à Hollywood. Cette carrière fut vraisemblablement alimentaire pour Fante, qui regrettait la cruauté bruyante de son travail de romancier. Il ne quittera cependant jamais ce dernier, dictant encore à sa femme Joyce les épreuves de Rêves de Bunker Hill à 74 ans, aveuglé par des complications de son diabète.


    Fante eut quatre enfant, dont l'écrivain Dan Fante.


    Comme l'a relevé Charles Bukowski (qui a toujours vu en Fante un maître, le comptant comme une influence majeure sur son envie d'écrire ; il a même été l'artisan de la réédition des œuvres complètes de Fante chez Black Sparrow Press, éditeur de Charles Bukowski), l'œuvre de John Fante est marqué par le goût de l'excès, de la provocation, de la remise systématique en cause des certitudes, des conventions. Là où d'autres gosses font ce qu'on leur dit lorsque on leur demande de ne pas s'approcher de la fenêtre, Fante saute. Ce même besoin de goûter la vie ad-nauseam s'est reproduit dans sa vie, avec des situations de chaos permanent. John Fante/Bandini était un homme joueur, impulsif, et toujours effrayé à l'idée de passer à côté de la moëlle de la vie, angoissé par le train-train ronflant des gens heureux. Ce besoin de saveur a précipité l'auteur comme le personnage dans une vie troublée, infiniment riche, mais aussi invivable pour ses proches.


    Bibliographie française



    • La Route de Los Angeles, écrit en 1933, publié en 1986 chez Bourgois, existe aux éditions 10/18 (n°2028).
    • Bandini, 1938, publié chez Bourgois en 1985, existe aux éditions 10/18 (n°1915).
    • Demande à La Poussière, 1939, publié en 1986 chez Bourgois, existe aux éditions 10/18 (n°1954).
    • Les Compagnons de La Grappe, 1977, éditions 10/18 ( n°2111).
    • Pleins de Vie, 1952, éditions 10/18 ( n°2089).
    • Mon Chien Stupide,1986, éditions 10/18 ( n°2023).
    • Rêves de Bunker Hill, 1982, éditions 10/18 ( n°2056).
    • L'Orgie 1933 fut une mauvaise année, 1985, éditions 10/18 (n°2071).
    • Le Vin de la Jeunesse, 1985, éditions 10/18 (n°1998).
    • Correspondance Fante/Mencken, éditions 10/18 (n°2344).
    • Grosse Faim (nouvelles 1932-1959), publié chez Bourgois en 2001. Parution en 10/18.

     


    votre commentaire





  • Ce fils d'un travailleur de la construction est né le 20 janvier 1953 à Shreveport en Louisianne. Il passera une bonne partie de son enfance chez sa grand-mère qui est musicienne (lap steel guitar) et l'initiera très jeune à la musique. Il recevra sa 1ère guitare à l'âge de 5 ans.


    Il suivra ses parents qui déménageront quelques années plus tard pour Baton Rouge et aussi East Texas ,c'est là qu'il rencontrera d'autres musiciens. Dès l'âge de 13 ,il fait déjà des spectacles en 1ère partie de Clarence "Gatemouth" Brown ,Son Seals et Albert Collins.



    La course automobile (drag) et les moto occupent une place aussi grande dans sa vie que le blues car encore adolescent ,il participe à des courses de "Drag" et subira un grave accident dans lequel il faillit y perdre la vie... Il s'en sortira avec plusieurs côtes brisées ,l'affaisement d'un poumon et la perte de son oeil droit. Son visage sera aussi touché gravement et nécéssitera près de 5000 points de sutures pour lui refaire et le laissera marqué de plusieurs cicatrices. Pendant quelques instants ,il aurait été cliniquement mort et mentionnera avoir vu la lumière au cours de ce moment...



    Sa récupération de l'accident lui prendra presqu'un an et l'aura passé dans la solitude à ré-apprendre à jouer de la guitare à dévelloper son style en apprenant tous les trucs de ses 3 grandes influences :Lightnin' Hopkins ,John Lee Hooker et Muddy Waters.



    Pour lui ,la guitare est le meilleur moyen d'atteindre son intérieur ,sa spiritualité et aussi de communiquer avec ses rêves et cauchemars.



    Il quittera le milieu familial à l'âge de 16 ans (avec l'accord de ses parents) pour tenter sa chance à la Nouvelle Orleans qui pour lui est la "Mecque" de la musique et vivra comme musicien ittinérant en jouant surtout au coin des rues et aussi près des stations services.



    En 1985 ,il déménage à New York où il aura l'opportunité d'ouvrir pour les spectacles de certains des plus grands noms du blues qui y passeront. Un certain soir où il joue en 1ère partie de "John Littlejohn" ,il est remarqué par le guitariste de blues "Ronnie Earl" qui sera impressionné par sa voix et son habilité à la guitare.



    Ils feront plusieurs spectacles ensemble et peu de temps après , "Ronnie Earl'' produira le 1er album de John Campbell "A man and his blues" qui paraîtra au printemps de 1988 sur CrossCutt Records ,une étiquette de disques allemande.



    Sur l'album ,on y retrouve comme invités :l'harmoniciste "Jerry Portnoy" que l'on a pu entendre sur l'album "From the craddle..." d'Eric Clapton ,le batteur "Per Hanson" (Ronnie Earl) ,le chanteur "Darrell Nulish" sur la pièce "Judgement day" et aussi Ronnie Earl sur quelques pièces. L'album qui passera innaperçu aux Etats-Unis sera quand même en nommination en 1989 pour un W.C. Handy (prix équivalent aux Grammys ,mais pour le blues).



    La même année ,il participera au "Mississippi Delta Blues Festival" et en deviendra la révélation et par la suite sera invité à se produire au "New Orleans Jazz and Heritage Festival.



    Durant un spectacle dans un restaurant de New York ,il sera remarqué par l'agent de "Dr. John" qui sera très impressionné par son matériel et aussi par sa prestance sur scène et ira peu de temps après lui négocier (avec une copie de l'album A man and his blues'' en main) un contrat de disques avec la compagnie Elektra.





    En 1991 ,il enregistre son second album "One Believer" sur "Elektra" et travaillera avec le producteur "Dennis Walker" qui est mieux connu pour son travail avec "Robert Cray" et le fera accompagner en studio par les musiciens de "Robert Cray". Le son de l'album est plus lourd et aussi plus électrique que le précédent mais on reconnaît quand même "son style et ses phrasés" qui font sa marque de commerce (se rapproche du son de George Thorogood ,mais la comparaison s'arrête là) et on sent encore les influences à la guitare de Lightnin' Hopkins.



    L'album aura du succès ,mais Campbell ne changera pas son mode de vie pour autant en continuant de jouer dans les petits bars et même dans la rue!!!



    La même année ,John Campbell se mariera avec Dolly et demandera au président du chapitre local des "Hells Angels" d'être son garçon d'honneur et ce sera le chanteur et pianste de blues Dr. John qui les unira.



    1993 ,c'est la parution de son 3ème album ;"Howlin' Mercy" qui est beaucoup plus lourd et sombre que son précédent album "One Believer"... et qui montre un John Campbell au sommet de son art (à mon avis) avec "Ain't affraid of midnight" , "Down in the hole" (reprise de Tom Waits) , "When the levee breaks" de Memphis Minnie McCoy (et qui fut popularisée par Led Zeppelin en 1971 sur l'album IV) , "Wolf among the lambs" et "Saddle up my pony" dans laquelle il fait référence à la pièce "Me and the devil blues de Robert Johnson



    L'album sera très bien acceuilli par les critiques et Campbell partira pour une tournée Européenne avec "Buddy Guy".



    Dû à l'accident qu'il avait eu au cours de son adolescence et aussi de ses excès de drogues ,il a toujours souffert d'une santé fragile et en plus il trainait depuis son accident une peur qui le hantait ;c'était de mourir dans son sommeil et c'est la raison pour laquelle il ne dormait que très rarement ou très peu...



    Au retour de sa tournée Européenne ,il enregistre en studio quelques pièces avec le bassiste "Tommy Shannon" du Double Trouble de Stevie Ray Vaughan ,des Arc Angels et qui accompagna aussi Johnny Winter dans les années 70.



    La nuit du 13 juin 1993 ,John Campbell meurt dans son sommeil à l'âge de 41 ans en laissant sa femme Dolly et aussi sa fille de 5 mois "Paris". Il sera incinéré avec des objets personels et aussi des talismans. Le service s'est fait le 17 juin avec une "éloge" de Dr. John et on transporta l'urne jusqu'à sa demeure sur une moto suivie d'une proscession de Hell's Angels.



    En spectacle ou en studio ,Campbell utilise une Gibson Southern Jumbo 1952 à laquelle il a ajouté un "pick-up" de guitare électrique ,une National Steel 1934 et aussi une National résophonique des années 40 qu'il branche dans un ampli Fender Super Reverb.



    John Campbell qui commençait à peine à récolter les fruits d'une dure labeur aura quitté ce monde juste au moment de la conscécration et était sur le point de répéter l'exploit que Stevie Ray Vaughan avait accompli en amenant une renaissance dans le milieu du blues et aussi en aportant du sang neuf. John Campbell c'est un son ,une attitude ,un mode de vie :bref "UN HOMME ET SON BLUES" que les amateurs de blues et de rock se doivent de découvrir!!!


     


    3 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires